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Stéphane Côtééducation et formation

Formation1er novembre 20268 minPar

Reconversion infirmière : quelles voies pour devenir infirmier en cours de carrière ?

Une tunique d’infirmier pliée, un stéthoscope et un carnet sur un bureau en bois clair

Devenir infirmier en cours de carrière impose un passage obligé : le diplôme d’État, seul sésame pour exercer cette profession réservée. Tout le reste varie. Il n’existe pas de concours unique, et la porte d’entrée change selon le parcours de chacun. Un arrêté de février 2026 vient en outre de réécrire le texte qui encadre l’accès à la formation. Aucun chemin ne vaut donc pour tout le monde : le point de départ de chacun change la route à suivre.

En bref.

  • Pour une reconversion infirmière, la voie de référence est la formation professionnelle continue : une sélection sur entretien et épreuve écrite, hors Parcoursup, qui mène en trois ans au diplôme d’État d’infirmier.
  • Au moins 25 % des places de chaque institut sont réservées aux candidats de la formation continue, et le baccalauréat (ou son équivalence, ou une dispense obtenue par validation des acquis) reste exigé.
  • Les aides-soignants ayant trois ans d’expérience à temps plein sur les cinq dernières années peuvent entrer directement en deuxième année, après un parcours spécifique de trois mois choisi avec leur employeur.
  • La formation représente 4 620 heures dont 66 semaines de stage, et son coût (9 100 € par an dans un institut de l’Occitanie) doit être pris en charge par la Région, un employeur, un fonds de formation ou le candidat.

Quelles voies mènent au diplôme d’État quand on change de métier ?

Le diplôme d’État d’infirmier est obligatoire pour exercer, selon service-public.fr. Il s’obtient en trois ans dans un institut de formation en soins infirmiers (IFSI), au nombre de 337 en 2026. L’arrêté du 20 février 2026, publié au Journal officiel du 25 février, fixe deux conditions d’entrée : être titulaire du baccalauréat (ou de son équivalence, ou d’une dispense) et avoir dix-sept ans au moins au 31 décembre de l’année d’entrée en formation. Il distingue deux voies : la formation initiale, qui comprend l’apprentissage, et la formation professionnelle continue.

Pour un adulte en reconversion, tout dépend de son parcours de départ (la logique est la même que celle qui distingue formation initiale et formation continue) :

Situation de départVoie d’accèsMode de sélection
Étudiant en réorientation ou lycéenFormation initiale, via ParcoursupExamen du dossier par la commission d’admission
Salarié, demandeur d’emploi ou personne en reprise d’étudesFormation professionnelle continue, hors ParcoursupEntretien et épreuve écrite
Aide-soignant diplômé avec trois ans d’expérienceFormation continue, entrée en deuxième annéeSélection FPC et parcours spécifique de trois mois
Étudiant d’une autre profession de santé de niveau 6Accès en première ou deuxième année, après avis de la commissionAvis de la commission d’admission

Un candidat qui n’a pas le baccalauréat n’est pas écarté d’office : il peut demander une dispense en déposant une demande de validation des études, des expériences professionnelles et des acquis personnels. La décision revient au président de l’université, sur proposition de la commission d’admission.

Comment se déroule la sélection par la formation continue ?

Un candidat en reconversion infirmière par la voie de la formation continue constitue un dossier de candidature : pièce d’identité, copie des diplômes, curriculum vitae, attestations de travail et de formation, lettre de candidature exposant le projet professionnel. L’admission dépend ensuite de la réussite de deux épreuves, dont les dates sont fixées par le directeur référent du groupement d’instituts de la région.

Le détail des épreuves, tel que le fixe l’arrêté :

ÉpreuveDuréeNotation
Entretien sur l’expérience et le projet professionnel20 minutessur 20
Écrit : rédaction et/ou questions sur le sanitaire, le médico-social et le social30 minutessur 10
Écrit : calculs simples (quatre opérations, conversion d’unités, problème simple)30 minutessur 10

Une note inférieure à 8 sur 20 à l’entretien ou à l’écrit est éliminatoire, et il faut au moins 20 sur 40 au total. La commission classe ensuite les candidats et dresse une liste principale et une liste complémentaire. Les places que la formation continue ne pourvoit pas sont réattribuées aux candidats de la formation initiale avant la fin du premier semestre de l’année civile.

Une précision sur la durée de cotisation. Le dossier de sélection 2026 d’un institut de l’Occitanie, qui s’appuie encore sur l’arrêté de 2009, demande trois ans de cotisation à un régime de protection sociale à la date d’inscription aux épreuves. Les articles d’accès du texte de 2026 ne fixent plus cette durée. Pour une entrée en 2027, la réponse viendra du règlement de sélection de l’institut visé, à lire avant toute démarche.

Aide-soignant : peut-on entrer directement en deuxième année ?

Oui, sous conditions cumulatives. Un titulaire du diplôme d’État d’aide-soignant doit justifier d’au moins trois ans d’expérience à temps plein (ou l’équivalent à temps partiel) sur les cinq dernières années à la date de sélection. Il doit aussi avoir été sélectionné par la voie de la formation continue et avoir validé un parcours spécifique de trois mois.

Ce parcours suppose que l’aide-soignant fasse acte de candidature et soit retenu par son employeur : le dossier de demande de dispense comprend une lettre d’engagement de l’employeur. L’étudiant s’acquitte en outre des droits d’inscription universitaires. En cas de congé de maladie, de maternité, de paternité ou d’adoption, le bénéfice du parcours peut être conservé une année supplémentaire.

Pour les autres profils, le président de l’université peut dispenser d’unités d’enseignement ou de semestres, après avis de la commission d’admission, au regard de la formation antérieure validée, des titres obtenus et du parcours professionnel.

Que contient la formation d’infirmier, et que change la rentrée 2026 ?

Le nouvel arrêté s’applique à partir du 1er septembre 2026 et remplace le référentiel de 2009 pour les entrants. Le diplôme est enregistré au niveau 6 et confère le grade de licence. La formation compte six semestres de 30 crédits européens chacun, soit 180 ECTS, pour un volume de 4 620 heures : 2 310 heures d’enseignement clinique, 1 890 heures d’enseignement et d’encadrement pédagogique et 420 heures de travail d’appropriation des connaissances en autonomie.

L’enseignement clinique couvre 66 semaines de stage réparties ainsi : 12 semaines en première année, 26 en deuxième et 28 en troisième. Une semaine de stage correspond à 35 heures. Un cadre national de 142 crédits est complété par un cadre de consolidation de 38 crédits, qui permet d’orienter le parcours vers un lieu d’exercice choisi.

Pour une reconversion infirmière, une différence compte : en formation continue, chaque semestre comprend 20 semaines de formation et 2 semaines consacrées à l’appropriation des connaissances en autonomie. La convention de formation signée entre l’organisme et l’employeur fixe le parcours à 4 620 heures.

Trois ans, c’est aussi la limite d’un éventuel report : le directeur de l’institut peut accorder, dans une limite cumulée de trois ans, un report d’entrée, de droit notamment en cas de rejet d’une demande de congé de formation, de mise en disponibilité ou de promotion professionnelle, ou pour la garde d’un enfant de moins de trois ans.

Comment financer une reconversion infirmière sur trois ans ?

Un institut de l’Occitanie indique pour 2025-2026 un coût annuel de formation de 9 100 €, à titre indicatif, auquel s’ajoutent 178 € de droits d’inscription universitaires et 105 € de contribution vie étudiante et de campus. La prise en charge du coût de formation doit être garantie avant la rentrée dans l’une de trois situations : par le Conseil régional pour un demandeur d’emploi inscrit à France Travail, par un employeur ou un fonds de formation, ou à titre individuel, avec un règlement avant le 1er septembre. En cas de non-paiement, l’accès à la formation est refusé.

Pendant les études, ceux qui sont indemnisés par France Travail peuvent obtenir une rémunération mensuelle. Les autres étudiants peuvent demander une bourse auprès de la Région.

Pour un salarié, le projet de transition professionnelle permet de suivre une formation certifiante en s’absentant de son poste avec maintien de la rémunération. Il faut un contrat de travail, un compte personnel de formation, des conditions d’ancienneté et l’autorisation d’absence de l’employeur. La décision de prise en charge relève de l’association Transitions Pro de la région. Elle mobilise les droits CPF du salarié, et un reste à charge peut s’appliquer.

Questions fréquentes

Peut-on faire une reconversion professionnelle pour devenir infirmière sans le baccalauréat ?

Oui, par une dispense. Le candidat dépose une demande de validation des études, des expériences professionnelles et des acquis personnels, que décide le président de l’université. Sans dispense accordée, il ne peut pas déposer de dossier sur Parcoursup.

Peut-on candidater à la fois sur Parcoursup et par la formation continue ?

Mieux vaut choisir. Un candidat de la formation continue remet à l’inscription administrative une attestation signée de non-inscription sur Parcoursup. Les deux voies sont distinctes : Parcoursup sert à la formation initiale.

Un titulaire d’un autre diplôme de santé peut-il entrer plus haut qu’en première année ?

Oui, dans certains cas. Les étudiants d’une formation d’auxiliaire médical de niveau 6 peuvent accéder à la première ou à la deuxième année après avis de la commission d’admission. Les étudiants ayant validé la deuxième ou la troisième année du premier cycle de médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie peuvent entrer en deuxième année.

Faut-il avoir été infirmier pour s’installer en libéral ensuite ?

Il faut 24 mois d’expérience dans l’une des structures où travaillent les infirmiers (hôpital, clinique, EHPAD, établissement médico-social) avant d’exercer en libéral, selon l’Onisep. Le diplôme seul ne suffit donc pas pour s’installer le premier jour.

Où peut travailler un infirmier diplômé après une reconversion ?

À l’hôpital ou en clinique, en laboratoire, dans une caserne de pompiers, en EHPAD ou dans un autre établissement médico-social, et dans une école après concours, selon l’Onisep. Le choix du lieu d’exercice se prépare dès la formation, grâce au cadre de consolidation et à ses 10 semaines de stage.

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Sources

  1. Journal officiel de la République française, « Arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d’État d’infirmier » (texte 53 sur 155, 25 février 2026), https://www.fhf.fr/sites/default/files/2026-02/Arr%C3%AAt%C3%A9%20r%C3%A9ing%C3%A9nierie%20formation%20IDE.pdf, consultée le 15 octobre 2026.
  2. Service-public.fr, « Infirmier : conditions d’accès et d’exercice en France », https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F39604, consultée le 15 octobre 2026.
  3. Onisep, « Comment devenir infirmier ou infirmière ? », https://www.onisep.fr/formation/comment-devenir-infirmier-ou-infirmiere, consultée le 15 octobre 2026.
  4. IFMS du CHU de Nîmes, « Notice et dossier d’inscription à la sélection, formation professionnelle continue, 2026 », https://chu-nimes.fr/sites/default/files/media/2025-10/ifms-ifsi-dossier-dinscription-fpc-2026.pdf, consultée le 15 octobre 2026.
  5. France compétences, « Le projet de transition professionnelle », https://www.francecompetences.fr/app/uploads/2023/01/Le-projet-de-transition-professionnelle.pdf, consultée le 15 octobre 2026.

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