Orientation15 octobre 20268 minPar La rédaction de StéphaneCote.org
LLCE : en quoi consiste cette spécialité de langues au lycée ?

Entre son intitulé officiel, son sigle et les plaquettes des lycées, la spécialité LLCE intrigue souvent avant même d’être choisie. Elle se distingue du cours de langue ordinaire par son programme, ses horaires et son épreuve de baccalauréat, qui forment un ensemble à part. Que recouvre exactement LLCE au lycée, et pour quels élèves est-elle faite ? Au menu : son contenu, le rythme de travail, l’évaluation au bac et les études qui suivent.
En bref.
- LLCE désigne l’enseignement de spécialité « langues, littératures et cultures étrangères et régionales » des classes de première et de terminale générales : 4 heures par semaine en première, 6 heures en terminale, avec le niveau B2 attendu en fin de première et le niveau C1 visé en terminale.
- La langue se choisit parmi l’allemand, l’anglais, l’anglais monde contemporain, l’espagnol, l’italien et sept langues régionales ; l’offre dépend de chaque lycée.
- Gardée en terminale, la spécialité LLCE donne lieu à une épreuve écrite (synthèse et traduction) et à un oral de 20 minutes sur dossier personnel, au coefficient 16.
- Abandonnée à la fin de la première, elle compte pour le contrôle continu avec un coefficient 8.
- Les textes officiels écrivent LLCER ; il ne faut pas la confondre avec la licence LLCER de l’université.
Que signifie LLCE au lycée, et dans quelles langues ?
LLCE est le sigle courant de l’enseignement de spécialité « langues, littératures et cultures étrangères et régionales », que les textes officiels abrègent en LLCER. C’est l’une des spécialités de la voie générale : on en choisit trois en première, on n’en garde que deux en terminale. Son but est de faire acquérir, selon l’Onisep, « une culture approfondie et diverse de la langue étudiée ».
Les élèves y travaillent à partir de supports variés et authentiques : œuvres littéraires, presse, films, documents iconographiques et numériques. Le programme demande que la langue soit travaillée sous tous ses aspects (phonologie, lexique, grammaire) et dans toutes les activités langagières, c’est-à-dire la réception, la production et l’interaction.
Les langues proposées sont l’allemand, l’anglais, l’anglais monde contemporain, l’espagnol, l’italien et le portugais pour les langues étrangères, puis le basque, le breton, le catalan, le corse, le créole, l’occitan-langue d’oc et le tahitien pour les langues régionales. Le portugais n’existe qu’à titre expérimental dans certaines académies, et chaque lycée ne présente qu’une partie de cette liste.
L’anglais monde contemporain suit ses propres thématiques : « Représentations » et « Savoirs, création, innovation » en première, « relation au monde » en terminale.
Que fait-on en cours de LLCE, de la première à la terminale ?
Le programme de LLCE répartit les contenus culturels et littéraires en cinq thématiques, deux pour la première et trois pour la terminale. Chacune se découpe en axes d’étude, qui ne sont « ni limitatifs ni exhaustifs » : ils aident les professeurs à bâtir leur progression, sans la fixer. Pour l’anglais, les thématiques de première sont « Imaginaires » (utopies, imagination créatrice) et « Rencontres » ; celles de terminale sont « Expression et construction de soi », « Voyages, territoires, frontières » et « Arts et débats d’idées ».
| Classe | Horaire hebdomadaire | Niveau de langue | Thématiques en anglais |
|---|---|---|---|
| Première | 4 heures | B2 attendu en fin d’année | Imaginaires ; Rencontres |
| Terminale | 6 heures | C1 visé, notamment en réception | Expression et construction de soi ; Voyages, territoires, frontières ; Arts et débats d’idées |
Le travail de langue est continu. En réception, les élèves lisent des textes de plus en plus longs, issus de la littérature, de la critique ou de la presse, des textes littéraires classiques et contemporains, et comprennent des documents audiovisuels (émissions, films) dans une langue non standardisée. À l’écrit comme à l’oral, ils s’exercent aussi à la médiation, qui va de la paraphrase à la traduction en passant par le résumé, le compte rendu et la synthèse.
Les élèves constituent en outre un dossier personnel de documents vus en classe et choisis par eux, qui servira de support à l’oral du bac.
Comment la spécialité LLCE est-elle évaluée au baccalauréat ?
Le sort de la spécialité LLCE se joue à la fin de la première. Si l’élève l’abandonne, ses moyennes de première et de terminale entrent dans le contrôle continu avec un coefficient 8, soit la moitié du poids d’une spécialité conservée. S’il la garde, elle donne lieu à une épreuve terminale au coefficient 16, dans les 60 % de la note du bac obtenus aux épreuves anticipées et terminales. Sans option, le total des coefficients est de 100 : l’épreuve de LLCE pèse donc 16 % de la note finale.
Selon le ministère de l’Éducation nationale (note de service du 11 février 2020, modifiée en 2021), l’épreuve se compose d’une partie écrite et d’une partie orale, chacune comptant pour moitié de la note. L’écrit demande une synthèse en langue étrangère ou régionale d’environ 500 mots, à partir de trois ou quatre documents dont au moins un texte littéraire et un seul document iconographique, puis la traduction en français d’un passage d’environ 600 signes. Il est noté sur 20 points : 16 pour la synthèse, 4 pour la traduction.
L’oral dure 20 minutes, sans temps de préparation : le candidat présente son dossier dans la langue cible pendant 10 minutes au plus, puis échange avec l’examinateur pendant 10 minutes au plus. Il est noté sur 20 points. Hors anglais monde contemporain, le dossier comprend au moins une des œuvres intégrales étudiées pendant le cycle terminal, au moins un texte littéraire, au plus deux œuvres d’art visuel et au moins un texte non littéraire. Les œuvres du programme limitatif, renouvelé par moitié tous les deux ans, ne sont évaluées qu’à l’oral.
Un exemple chiffré montre le poids de l’épreuve. Avec 12 sur 20 à l’écrit et 16 sur 20 à l’oral, la note de l’épreuve est de 14 sur 20 (la moyenne des deux parties). Multipliée par le coefficient 16, elle rapporte 224 points au total du bac.
À qui s’adresse la spécialité LLCE, et en quoi diffère-t-elle d’un cours de langue ?
Le programme précise que cet enseignement « s’adresse aux futurs spécialistes mais pas à eux seuls » et qu’il doit laisser assez d’espace de différenciation pour que chaque élève progresse. Elle convient aux élèves qui apprécient les langues et souhaitent en renforcer la maîtrise. Le goût de la lecture et de l’expression orale compte autant que le niveau de départ : le programme demande des textes de plus en plus longs, et le bac comprend un oral sur dossier.
La différence avec la langue vivante du tronc commun tient aux chiffres. Les langues vivantes A et B comptent chacune pour un coefficient 6 en contrôle continu (3 en première, 3 en terminale) et n’ont pas d’épreuve terminale. La spécialité LLCE, elle, ajoute 4 heures par semaine en première et 6 en terminale, un programme littéraire et culturel, et une épreuve au coefficient 16.
Les élèves qui ciblent l’anglais peuvent aussi regarder, en complément du bac et non à sa place, le Dual Diploma et ses critiques, un programme qui s’ajoute au cursus français.
Quelles études après une spécialité LLCE, et quel lien avec la licence LLCER ?
Le sigle prête à confusion, car il existe aussi une licence LLCER à l’université, intitulée « langues, littératures et civilisations étrangères et régionales ». Elle approfondit une langue et la culture des pays où elle est parlée. L’entrée en première année passe par Parcoursup, surtout pour les bacheliers généraux ayant suivi la spécialité langues, avec un niveau d’environ B2 dans la langue et un bon français. Les langues régionales ne s’y étudient que dans quelques universités.
En première et deuxième année, la licence mêle pratique orale et écrite, traduction dans les deux sens, phonétique, linguistique, histoire littéraire et civilisation. En troisième année, un ou deux semestres à l’étranger sont encouragés. Après la licence, l’enseignement passe par le CAPES de la langue étudiée ou le CAPLP, puis l’agrégation. Les masters de traduction et d’interprétation exigent deux langues, ce qui se prévoit dès la licence.
Pour les élèves de la spécialité, sont aussi cités les filières centrées sur les langues comme la licence LEA, ou la préparation d’une mobilité internationale. Les écoles de traduction, de communication, de journalisme et les instituts d’études politiques figurent aussi parmi les suites, toutes sélectives. Choisir LLCE au lycée n’engage donc pas à une licence de langues : c’est un atout pour tout cursus où la langue et la culture comptent.
Questions fréquentes
LLCE et LLCER, est-ce la même chose ?
Au lycée, oui : LLCE est la forme courante du sigle officiel LLCER, « langues, littératures et cultures étrangères et régionales ». À l’université, la licence LLCER porte un intitulé voisin mais distinct, avec « civilisations » à la place de « cultures ».
Peut-on faire LLCE dans n’importe quelle langue et dans n’importe quel lycée ?
Non. L’offre varie d’un établissement à l’autre, et le portugais n’est ouvert qu’à titre expérimental dans certaines académies. Avant de choisir, il faut consulter la liste des spécialités et des langues du lycée visé.
Faut-il déjà un très bon niveau pour choisir la spécialité LLCE ?
Les textes fixent des niveaux d’arrivée, B2 en fin de première et C1 visé en terminale, et demandent de la différenciation pour que chaque élève progresse. Ils ne posent pas de niveau d’entrée chiffré.
Que se passe-t-il à l’oral si l’on n’a pas de dossier ?
Dans ce cas, l’examinateur remet au candidat trois documents de nature différente, liés à l’une des thématiques du cycle terminal, que le candidat commente. Avec un dossier, le candidat en remet un exemplaire à l’examinateur et en garde un pour lui.
Le dossier de l’oral peut-il contenir un film ou un dessin ?
Oui. Le dossier admet au plus deux œuvres d’art visuel, parmi lesquelles une affiche, une caricature, un dessin, un extrait de film, une peinture ou une sculpture. Les autres documents sont des textes, dont un littéraire au moins et un non littéraire au moins.
Pour aller plus loin : Les notes de 4ème comptent pour le brevet ? Le calcul du DNB en détail · Note sur 20 : comment convertir des niveaux de compétences en note ? · Formation initiale ou continue : quelle différence et quels droits pour chacune ?
Sources
- Éduscol, « Programmes et ressources en langues, littératures et cultures étrangères et régionales, voie G », https://eduscol.education.gouv.fr/1684/programmes-et-ressources-en-langues-litteratures-et-cultures-etrangeres-et-regionales-voie-g, consultée le 15 octobre 2026.
- Ministère de l’Éducation nationale, programme de spécialité en langues régionales (principes communs), https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/ensel484annexe91151380pdf-83352.pdf, consultée le 15 octobre 2026.
- Ministère de l’Éducation nationale, note de service n° 2020-027 du 11-2-2020, https://www.education.gouv.fr/bo/20/Special2/MENE2001794N.htm, consultée le 15 octobre 2026.
- Ministère de l’Éducation nationale, note de service du 13-7-2021, https://www.education.gouv.fr/bo/21/Hebdo30/MENE2121272N.htm, consultée le 15 octobre 2026.
- Ministère de l’Éducation nationale, « Comment calculer votre note au baccalauréat », https://www.education.gouv.fr/reussir-au-lycee/comment-calculer-votre-note-au-baccalaureat-325511, consultée le 15 octobre 2026.
- Onisep, « Les enseignements de spécialité en voie générale », https://www.onisep.fr/formation/apres-la-2-les-poursuites-d-etudes/les-enseignements-de-specialite-en-voie-generale, consultée le 15 octobre 2026.
- Onisep, « Les langues au lycée », https://www.onisep.fr/orientation/le-lycee/etudier-les-langues-au-lycee/les-langues-au-lycee, consultée le 15 octobre 2026.
- Onisep, « La licence LLCER », https://www.onisep.fr/formation/les-principaux-domaines-de-formation/les-licences-de-lettres-et-de-langues/la-licence-llcer, consultée le 15 octobre 2026.



