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Stéphane Côtééducation et formation

Formation17 octobre 20268 minPar

Formation initiale ou continue : quelle différence et quels droits pour chacune ?

Cahier fermé, crayon et petite pile de certificats posés sur un bureau en bois clair près d’une fenêtre

Un apprenti suit une formation initiale. Un salarié qui prépare un diplôme du soir relève de la formation continue, tout comme le professeur des écoles qui en suit une chaque année sans quitter sa classe. Sur le papier, les frontières paraissent nettes, et pourtant elles décident du financement, du temps disponible et des droits que l’on peut mobiliser. Dès qu’un parcours mêle emploi, études et reprise de diplôme, la ligne se brouille, et un financement ou un droit peut très vite passer à la trappe.

En bref.

  • La formation initiale ou continue se distingue par le moment du parcours : la formation initiale, apprentissage compris, précède la vie active, alors que la formation continue concerne les adultes et les jeunes déjà engagés dans la vie active (article L6111-1 du Code du travail).
  • Le droit central de la formation continue pour un salarié du privé est le compte personnel de formation : 500 € crédités par année de travail à mi-temps ou plus, jusqu’à 5 000 € au maximum.
  • Un agent public acquiert ses droits en heures, à raison de 25 heures par an depuis 2020, et non en euros.
  • Les professeurs des écoles doivent consacrer 18 heures par an à l’animation pédagogique et à la formation continue, obligation qui n’existe pas dans le second degré.
  • Pour passer de l’une à l’autre, la validation des acquis de l’expérience (VAE) et le DAEU permettent d’obtenir un diplôme sans refaire un cursus scolaire complet.

Que dit la loi sur la formation initiale ou continue ?

Choisir entre formation initiale ou continue, c’est d’abord situer le moment du parcours où l’on se trouve. Le Code du travail (article L6111-1) pose que la formation professionnelle tout au long de la vie constitue une obligation nationale et qu’elle comporte deux temps : une formation initiale, qui comprend notamment l’apprentissage, et des formations ultérieures, qui constituent la formation professionnelle continue, destinées aux adultes et aux jeunes déjà engagés dans la vie active.

L’apprentissage est donc rangé du côté de la formation initiale, alors même que l’apprenti signe un contrat de travail. Le contrat d’apprentissage s’adresse à un jeune de 16 ans minimum (15 ans avec dérogation) et de 29 ans révolus au maximum, avec une limite portée à 35 ans révolus dans certains cas.

La formation continue, elle, recouvre plusieurs types d’actions. L’article L6313-1 du même code en cite quatre : les actions de formation, les bilans de compétences, les actions permettant de faire valider les acquis de l’expérience et les actions de formation par apprentissage au sens de l’article L6211-2.

Quelle différence entre formation initiale et continue, en un coup d’œil ?

Le tableau ci-dessous reprend les points que les textes permettent de comparer.

CritèreFormation initialeFormation continue
Moment du parcoursAvant l’entrée dans la vie activeAdultes et jeunes déjà engagés dans la vie active
Exemple de voieL’apprentissage, que la loi cite expressémentActions de formation, bilan de compétences, VAE
ÂgeApprentissage : de 16 ans à 29 ans révolus (35 dans certains cas)Le CPF accompagne la personne de son entrée sur le marché du travail jusqu’à la retraite
Droits acquis au CPFAucun tant qu’on n’a pas commencé à travailler500 € par année de travail à mi-temps ou plus (salarié du privé)
Public viséJeunes en début de parcoursSalariés, agents publics, demandeurs d’emploi

Ce découpage ne repose pas sur l’âge seul : le texte parle d’adultes et de jeunes déjà engagés dans la vie active, et le CPF suit la personne de son entrée sur le marché du travail jusqu’à la retraite. La question utile est donc moins « quel âge ai-je ? » que « où en suis-je dans mon parcours professionnel ? ».

Quels droits finance la formation continue d’un salarié du privé ?

Le compte personnel de formation (CPF) recense les droits acquis tout au long de la vie active et jusqu’au départ à la retraite. Ils commencent à s’acquérir dès le premier emploi et restent acquis même en cas de changement d’employeur ou de perte d’emploi. Pour un salarié à temps plein ou au moins à mi-temps, le compte est alimenté à hauteur de 500 € par année de travail, jusqu’à 5 000 € maximum. Les droits d’une année N sont crédités entre le 30 janvier et le 15 juin de l’année N+1.

En dessous du mi-temps, le calcul est proportionnel au temps travaillé. Service-Public.fr donne l’exemple d’une entreprise à 1 607 heures annuelles dans laquelle une personne travaille 700 heures : elle obtient 217,80 € au lieu de 500 €. Les salariés moins qualifiés, c’est-à-dire sans CAP, BEP, titre professionnel de niveau 3 ou certification reconnue par une convention collective nationale de branche, perçoivent 800 € par année de travail, jusqu’à 8 000 € au maximum, à condition de travailler au moins la moitié du temps.

Utiliser ses droits a un coût de départ. Dans le cas général, le titulaire participe au financement de la formation à hauteur de 150 €, sauf abondement de l’employeur. Avec une formation à 1 000 € et plus de 1 000 € de droits, seuls 850 € sont mobilisés sur le CPF. Depuis le 26 février 2026, trois types d’actions sont en outre plafonnés :

ActionPlafond d’utilisation du CPF
Certifications du répertoire spécifique (hors Cléa)1 500 €
Bilan de compétences1 600 €
Préparation au permis de conduire du groupe léger900 €

Ce plafonnement porte sur les droits issus de l’alimentation annuelle et non sur les co-financements éventuels.

Un agent public a-t-il les mêmes droits à la formation continue ?

Non, la logique diffère. Le compte d’un agent public est comptabilisé en heures. Depuis 2020, l’acquisition se fait à hauteur de 25 heures par an, et les agents moins qualifiés (niveau inférieur au niveau 3, par exemple un agent de catégorie C dont le diplôme le plus élevé est le brevet des collèges) bénéficient d’une majoration de 50 heures maximum par an, dans la limite de 400 heures. Les périodes à temps partiel sont assimilées à du temps complet, seul le temps non complet est proratisé.

Les droits ne disparaissent pas quand le statut change. Un salarié qui avait travaillé dans le secteur public peut convertir ses droits acquis en heures en euros, à raison de 15 € par heure, via le site Mon compte formation. À l’inverse, un salarié du privé qui devient fonctionnaire conserve ses droits en euros et peut les convertir en heures pour les utiliser selon les règles de la fonction publique.

La formation continue est-elle obligatoire pour les enseignants ?

Pour les professeurs des écoles, oui, en partie. Dans le cadre de leurs obligations réglementaires de service, ils doivent consacrer 18 heures annuelles à l’animation pédagogique et à des actions de formation continue. Cette obligation n’existe pas pour les enseignants du second degré, ce qui explique en partie les écarts d’accès. En 2023-2024, 84 % des enseignants du premier degré public et 69 % de ceux du second degré ont suivi au moins un module de formation, pour 3,9 jours et 3,1 jours en moyenne.

Certaines formations sont aussi statutaires, c’est-à-dire obligatoires et définies dans le statut des agents publics. Dans le premier degré, la loi pour une école de la confiance de 2019 rend en outre obligatoire une formation continue les trois premières années de titularisation.

Pour les démarches qui entourent une absence en cours d’année, voir aussi absence d’un enseignant : droits et démarches.

Comment passer de la formation initiale à la formation continue ?

Quand on a quitté l’école sans le diplôme visé, deux voies évitent de repartir de zéro. La validation des acquis de l’expérience est un droit individuel inscrit dans le Code du travail : toute personne engagée dans la vie active peut faire valider son expérience. Elle permet d’obtenir un diplôme autrement que par la voie scolaire. Il faut justifier d’au moins 1 an d’expérience en rapport direct avec la certification visée, et il est possible de ne viser que certains blocs de compétences. La VAE n’est ni une démarche scolaire ni une reprise d’études, et elle ne demande aucun diplôme préalable.

Le DAEU, diplôme d’accès aux études universitaires, est équivalent au baccalauréat et ouvre l’accès aux études supérieures ainsi qu’à la VAE. Il faut avoir 24 ans ou plus au 1er octobre de l’année de l’examen (ou 20 ans et 2 ans d’activité professionnelle salariée) et avoir interrompu ses études depuis 2 ans au moins. Il se prépare en 1 an. Le CPF peut ensuite servir à financer l’une ou l’autre de ces étapes, dans la limite des règles de plafond décrites plus haut.

Questions fréquentes

Un apprenti est-il en formation initiale ou continue ?

En formation initiale. L’article L6111-1 du Code du travail précise que la formation initiale comprend notamment l’apprentissage. Le contrat d’apprentissage est ouvert de 16 ans à 29 ans révolus, avec des exceptions jusqu’à 35 ans révolus.

Peut-on utiliser le CPF quand on n’a jamais travaillé ?

Oui, dans un cas précis. Si vous n’avez jamais travaillé et que vous êtes inscrit à France Travail, votre CPF est ouvert, crédité à zéro. Il peut être alimenté, notamment par France Travail, pour financer une formation.

Un bilan de compétences compte-t-il comme formation continue ?

Oui. L’article L6313-1 range les bilans de compétences parmi les actions concourant au développement des compétences. Depuis le 26 février 2026, le CPF peut y consacrer 1 600 € au maximum.

Faut-il demander l’autorisation de son employeur pour une formation CPF ?

Pour une formation suivie pendant le temps de travail, la demande se fait au moins 60 jours calendaires avant le début si elle dure moins de 6 mois, et 120 jours si elle dure plus de 6 mois. L’employeur dispose de 30 jours calendaires pour répondre, et l’absence de réponse vaut acceptation. Un salarié allophone ayant signé un contrat d’intégration républicaine, pour une formation en français langue étrangère, ne peut pas être refusé, avec une absence de 28 heures maximum.

Le CPF est-il conservé à la retraite ?

En principe non. Si le titulaire fait valoir l’ensemble de ses droits à la retraite, son CPF est en principe fermé.

Pour aller plus loin : Bourse CROUS simulation : comment estimer son échelon avant de faire la demande ? · Dual Diploma avis négatif : quelles critiques sont fondées ? · LLCE : en quoi consiste cette spécialité de langues au lycée ?

Sources

  1. Ministère du Travail, « Article L6111-1 du Code du travail », https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l6111-1, consultée le 15 octobre 2026.
  2. Ministère du Travail, « Article L6313-1 du Code du travail », https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l6313-1, consultée le 15 octobre 2026.
  3. Service-Public.fr, « Compte personnel de formation (CPF) d’un salarié du secteur privé », https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10705, consultée le 15 octobre 2026.
  4. Service-Public.fr, « Contrat d’apprentissage », https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2918, consultée le 15 octobre 2026.
  5. Mon compte formation, « Mes droits formation (CPF) : agent public », https://www.moncompteformation.gouv.fr/espace-public/agent-public-0, consultée le 15 octobre 2026.
  6. Mon compte formation, « Salarié de droit privé », https://www.moncompteformation.gouv.fr/espace-public/salarie-de-droit-prive, consultée le 15 octobre 2026.
  7. Ministère de l’Éducation nationale, DEPP, « La formation continue des enseignants des premier et second degrés en 2023-2024 », note d’information n° 25.65, https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/document/depp-ni-2025-65pdf-516569.pdf, consultée le 15 octobre 2026.
  8. Ministère de l’Éducation nationale, « Tout savoir sur la VAE », https://vae.education.gouv.fr/tout-savoir-sur-la-vae/, consultée le 15 octobre 2026.
  9. Onisep, « DAEU, VAE, retour en formation : comment rebondir sans bac ? », https://www.onisep.fr/formation/que-faire-sans-le-bac/sans-le-bac-reprendre-des-etudes-plus-tard, consultée le 15 octobre 2026.

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