Voici le fichier Excel (qui peut être transféré en google “sheet” afin d’y avoir accès partout) qui vous permettra d’analyser des évaluations (savoir qui sait quoi) de découvrir qui progresse dans votre classe en fonction de ce que vous leur proposez comme pédagogie.

Support à la conférence de fermeture du colloque de l’AQEP du 1er décembre 2017 sur “Les 30 trucs de la pédaogie 3.0 pour soulager notre tâche“.

La conférence sera disponible bientôt ici sous forme de vidéo.

Très court résumé des 30 éléments mentionnés lors de cette conférence.

Top 10 des éléments à retirer de nos pratiques.

10 : Les interventions publiques. Les interventions où l’on nomme des individus en grand groupe ont des répercussions sur notre crédibilité. À utiliser avec parcimonie.

9: Pourquoi et Qui. Demander une question qui débute par un pourquoi amène à deux types de réponses soit des “je l’sais pas” ou des “drôles d’inventions”. On doit alors rediriger ou “requestionner” pour en savoir plus. À éviter, même si l’on souhaite découvrir la cause de tel ou tel comportement. Le QUI fait référence au fait que l’on cherche souvent trop vite à trouver un coupable, qui a raison, plutôt de ce concentrer sur la solution.

8: Systèmes d’émulation de classe. Un système d’émulation est un outil pour supporter l’acquisition de comportement chez un élève en particulier. Déployé à une classe entière, on génère plein de stress pour avoir peu d’effet sur ceux que l’on visait par cet outil. De plus, il est rare d’arriver à faire un transfert, c’est à dire où les comportements qui avaient lieu quand le système était en place, perdurer une fois que l’enseignant enlève cet outil. 

7: Négocier. Plusieurs enfants amènent les conversations sur de l’argumentation autour des mots utilisés ou encore, pour réduire une conséquence. Entrer dans ce jeu est dangereux, car l’élève croit alors avoir une certaine forme de pouvoir. Nous verrons plus loin comment déplacer l’attention d’une lutte verbale, vers des outils pour réellement avoir un impact sur le sujet de la discorde avec l’adulte. 

6: Mauvais comportement et expulsion. On utilise trop souvent une forme négative (lâche pas, courre pas, veux-tu bien arrêter de parler). En utilisant ces termes, l’élève entend plus le comportement dérangeant que la négation inférée. Expulser un élève est un acte très fort, qui devrait être utilisé qu’en dernier recours ultime. Et vous verrez des trucs pour un fort bénéfice.

5: La quête de l’intérêt. Il est certes important de trouver des activités et des thèmes intéressants, toutefois à trop imprégner notre classe avec cette obsession de toujours les intéresser, on produit alors l’inverse, c’est-à-dire, des élèves qui s’engagent moins si le sujet les intéresse moins.

4: Les mots assassins. Jamais, Encore, Toujours, Tout le temps, sont des mots qui choquent souvent la personne à qui on s’adresse, qui le rend sourd à ce que l’ont souhaitais vraiment lui communiquer. “Philippe, tu as encore laissé traîner ton crayon” ne devrait pas comporter le “encore” et plutôt être formulé par ce que l’on s’attend de lui : “Philppe prend ton crayon s.v.p. et attention, il me semble que je te répète régulièrement cette consigne”.

3: “Dans notre classe, tout compte tout le temps”.  Faire planer cette menace a un puissant effet pervers sur nos apprenants (surtout ceux en difficulté), car si “tout compte tout le temps”, l’élève prendra peu de risques. Prendre un risque, veut dire, essayer une nouvelle stratégie pour résoudre/répondre à une tâche ou un défi. Carole Dweck s’est penchée sur la question. 

2:Saturer l’attention. Il n’est pas rare qu’un enseignant, enfilant faits divers et habile questionnement de son groupe, prendre 30, 40 minutes dans ce qui pourrait être considéré comme étant une “explication” d’une notion. Or, dépasser l’attention des élèves en difficultés nous occasionnera beaucoup de difficultés, de même qu’aux apprenants qui n’auront pas compris ce qu’ils devaient apprendre.

1: Enseigner sans savoir Qui sait Quoi.  Notre planification prend plus souvent en compte les notions et le délai, que ce que savent ou ne savent pas nos élèves. Notre planification devrait se faire qu’après avoir trouvé ce qu’on a à leur enseigner.

Top 10 des éléments qui amplifient l’effet enseignant.

10: Les bâtons et Anita Archer. En posant des questions et en prenant les mains levées, on favorise ainsi que ceux qui cherchent la réponse. Les bâtons de “pop sicle” avec les noms des élèves sont un bon outil pour montrer qu’on utilise le hasard pour choisir ceux qui répondront. Tous s’activent. Anita Archer propose d’autres interventions pour maximiser l’engagement dans cette courte vidéo en enseignement directif.

9: Circulez de manière imprévisible. Lorsque vous vous déplacez pour aller donner votre support et votre rétroaction aux élèves, tentez de suivre un parcours différent, sinon les plus malins sauront quand se désengager.

8: Laissez plus d’autonomie et le “postit”. Nous n’avons pas besoin d’introduire autant de contrôle dans la classe. Les élèves peuvent, manger quand ils le veulent, se déplacer et même, choisir leur place et leurs collègues. Pour les ajustements, il y a le postit! 

7: Récupération filmée. Lorsque l’on s’intéresse aux fluctuations plutôt qu’aux notes, on réalise que plusieurs réussissent à se dépasser constamment. Ces derniers y arrivent en “risquant” des stratégies qui leur sont payantes. C’est pourquoi on peut se servir de leurs voix afin de partager les pratiques gagnantes pour eux, les filmer et rediffuser nécessairement l’échange à la classe. Les effets sont clairement mesurables sur la réussite!

6: La correction la journée même. On ne devrait jamais donner une évaluation quand sans que les élèves aient les résultats le jour même. En agissant de la sorte, les apprenants sont curieux de retourner voir leurs erreurs et ainsi, s’engagent plus activement dans leurs apprentissages. Ici, voir 5-6 trucs pour corriger plus vite.

5: L’enseignement explicite pour augmenter la compréhension des notions ou stratégies et ainsi, réduire le temps des explications et maximiser la rétroaction pour supporter l’acquisition en évitant au maximum les erreurs. Voir les travaux de Bissonnette, Richard et Gauthier à ce sujet

4: Soyez exigeant. Au niveau de la lecture, expliquez pourquoi vous allez parfois sélectionner des thèmes moins intéressants afin de valider leur capacité à déployer leur compétence et ce, peu importe le sujet. Ou encore mieux, afin qu’ils puissent déployer leurs compétences afin de critiquer, avec le vocabulaire adéquat, des oeuvres littéraires. 

3: Les formatifs sont de très puissants outils qui favorisent la prise de risque chez l’élève tout qui peut “s’essayer” dans une situation d’évaluation qui sera corrigée par l’enseignant. L’élève a ensuite, une chance de se reprendre avant l’évaluation “finale” sur le sujet. Bien qu’au premier abord, certains (3 à 7 élèves) ne tirent pas profit de cette démarche, la majorité elle en bénéficie et les récalcitrants y reconnaîtront l’avantage à force de leur proposer plus souvent ce puissant outil pédagogique. De plus, un formatif vous sert à vous comme pédagogue, à savoir si la notion est acquise par un haut taux d’élèves.

2: Savoir Qui sait Quoi avant d’enseigner. En analysant leurs connaissances et compétences antérieures avant de débuter les planifications, on peut alors vraiment gagner du temps de classe (littéralement 1-2 semaine par étape) qu’on peut dédier aux tâches plus complexes, ou à des projets stimulants. De plus, les élèves progressent plus, car ils améliorent vraiment ce qui leur manque!

1: La progression. En axant l’importance des résultats sur la progression personnelle, les élèves gagnent très rapidement goût au plaisir de se dépasser soi-même. Cet outil engage clairement la majorité des élèves qui se mettent alors à contribuer à la réussite (progression) des autres lorsque l’on déploie différents contextes. 

Top 10 des éléments en gestion de classe/crises.

10: Chuchotez! Parler avec un ton différent lorsque vous vous adressez au groupe est une stratégie peu coûteuse qui donnera d’excellents résultats, surtout lorsque vous souhaitez “remettre les pendules à l’heure”.

9:Fête collective. Si vous tenez absolument à avoir un système d’émulation simple et respectueux, Steve Bissonnette encourage quant à lui le gain de points cumulés par les comportements individuels de la classe. Lorsqu’un total est atteint (150 points par exemple), c’est toute la classe, même ceux qui n’ont pas nécessairement participé au gain, qui peuvent bénéficier. On encouragera par la suite leur apport afin que le total soit atteint plus rapidement. 

8: Conséquence + chance de se reprendre.  Afin de contourner les négociations et lorsque vous avez pris le temps de bien enseigner un comportement, il se peut que vous deviez avoir recours à une forme ou une autre de conséquence. Appliquez là sans opportunité de négociation. Toutefois, offrez la chance au jeune, d’éviter la conséquence s’il arrive à changer le comportement en question (attention, il faut vraiment entendre le contexte de la conférence pour comprendre ce point, car lu sans le contexte, on serait porté à croire que j’encourage les conséquences ce qui n’est pas le cas). On pourrait aussi remplacer les conséquences par des récupérations pour amplifier la progression de ces élèves, ce qui préviendra d’autres stress dans le futur. 

7: Raconte. Dans notre souhait constant d’efficacité en résolution de problèmes, on est parfois pressé de sous-peser les pour et les comptes, les tords et les faits pour adjuger les situations. Or, les élèves ont plus besoin d’être entendus que d’être jugés, dans un premier temps. Et plus encore, ils ont besoin qu’on les aide à séparer leur personnalité des comportements qui eux, seront adressés. 

6: Conseil de coopération. Il est important d’enseigner explicitement les mots à employer en cas de conflits, et le conseil de coopération 2.0 est mon meilleur outil pour y arriver. Ainsi, les critiques mal formulées ou non axées sur les comportements sont systématiquement modélisées pendant la 1re étape, et refusées (si les mots assassins sont encore présents) par la suite. 

5:Échelle d’anxiété. Les élèves réagissent (certains de manière impulsive) à une détresse à gérer leurs frustrations et s’en suit des comportements dysfonctionnels. Aider un élève à évaluer ces fluctuations d’anxiété sur une échelle de 1 à 5 est un excellent outil à réutiliser en prévention. 

4: 4x1 + expulsions. En augmentant notre ratio d’interventions positives vs les neutres où l’on reconnaît les gens qui font les comportements attendus (sortir le matériel demandé, nettoyer son espace, qui encourage un autre à sortir son matériel…) génère un climat plus agréable et où chacun s’engage plus. Concernant l’expulsion, si nécessaire et à utiliser qu’en dernier recours, demander à la TES de prendre votre groupe et vous, sortez avec l’élève. Le lien qui vous unira par la suite est incroyablement surprenant!

3: Dictée folle. Afin d’amplifier votre complicité avec tous les élèves de votre groupe, la dictée folle/commandée est un excellent outil pour y arriver rapidement! Imaginez le plaisir avec ces élèves plus “difficiles” dans une classe. 

2: John Hattie. Nous avons vu dans la conférence les quelques stratégies ayant le plus d’effet selon les données probantes. Voir une représentation graphique ici. 

1: Accueil avec le prénom lors de l’entrée en classe du matin est l’élément le plus positif sur 57 points de la pédagogie 3.0 selon les élèves! C’est donc facile à faire, et ce moment matinal est un incontournable pour moi maintenant. Je vous invite à sonder vos élèves aussi où ils devraient classer sur une échelle de 1-10 leur intérêt face à vos pratiques. Vous serez surpris de ce qu’ils aiment!