On hésite souvent entre « faire parti » et « faire partie ». Une seule forme est correcte, mais l’oreille ne tranche pas et les correcteurs automatiques laissent passer l’erreur. L’enjeu est pourtant réel: un courriel, un CV ou un rapport perd en crédibilité quand ce petit « e » manque. Où le placer, et comment s’en souvenir sans douter à chaque phrase, au quotidien dans toutes vos communications ?
Pourquoi « faire partie » s’écrit avec un e
Dans l’expression faire partie, le mot partie est un nom commun féminin qui signifie « portion d’un ensemble », « élément d’un tout », « groupe au sein d’un ensemble ». On l’emploie pour dire « appartenir à ». Ainsi, on écrit: « Elle fait partie du conseil », « Ce chapitre fait partie du livre », « Vous faites partie de l’équipe ». Rien à voir avec un participe passé: partie n’est pas la forme du verbe partir, c’est un nom, tout simplement.
On reconnaît cette construction à sa préposition: on fait partie de quelque chose. La préposition « de » est quasiment inséparable ici. Un autre indice conforte le diagnostic: on peut développer en « appartenir à ». Si la phrase devient « Elle appartient au conseil », vous tenez la bonne piste. Résultat: l’orthographe correcte est invariablement faire partie, avec un e final.
« Faire parti » : l’erreur fréquente face à « faire partie »
La forme faire parti est une faute orthographique. Le mot parti, au masculin, désigne soit un groupe organisé (« un parti politique »), soit un choix décidé (« prendre le parti de »). On ne « fait » jamais un parti au sens d’« appartenir »; on y adhère, on y milite, mais on n’emploie pas « faire » pour marquer l’appartenance à un parti politique. D’où la confusion: la prononciation est la même, l’usage différent.
Pour lever le doute, gardez cette règle simple: dès qu’il s’agit d’appartenance à un ensemble, c’est faire partie. Écrivez: « Ils font partie des lauréats », « Ce service fait partie de l’offre », « Tu fais partie des finalistes ». Réservez parti (sans e) pour les expressions où il est question de choix ou d’avantage: prendre parti, tirer parti (voir plus bas).
Le test infaillible pour trancher entre « faire partie » et ses variantes
Un réflexe très utile consiste à allonger l’expression. Si vous pouvez dire « faire partie de + groupe », vous écrivez partie avec un e: « Les stagiaires font partie de la promotion ». En revanche, si l’expression accepte un article devant parti ou un adjectif, vous êtes du côté masculin: « Prendre le parti de », « Tirer le meilleur parti de ».
Autre indice: remplacez par un synonyme. Si « appartenir à » ou « être inclus dans » convient, c’est faire partie. Si « choisir », « se positionner » ou « profiter de » conviennent, vous êtes avec parti masculin: « Elle prend parti pour la proposition », « Ils tirent parti des données ». Cette gymnastique, rapide et fiable, élimine la plupart des hésitations.
De « faire partie » à « prendre parti » : démêler les expressions voisines
Quelques couples pièges méritent un coup d’œil attentif:
• Prendre parti (sans e) signifie se positionner, choisir un camp: « Il a pris parti pour la réforme ». On peut développer en « prendre le parti de ».
• Tirer parti (sans e) signifie exploiter un avantage: « Tirons le meilleur parti de cette contrainte ».
• Prendre à partie (avec e) signifie s’en prendre à quelqu’un: « La foule l’a pris à partie ».
• Être partie prenante (avec e) signifie être impliqué activement dans un dossier.
• Avoir partie liée (avec e) signifie être associé aux intérêts de quelqu’un.
• Partie civile (avec e) désigne, en droit, la personne qui demande réparation.
Dans tous ces exemples, l’idée d’appartenance, de participation ou de qualité juridique appelle le féminin partie. À l’inverse, l’idée de choix ou d’avantage renvoie à parti. Un dernier clin d’œil mnémotechnique: dans prendre à partie, on s’attaque à une « partie » (une personne, un groupe), pas à un « parti » politique.
Mémo express pour écrire « faire partie » sans hésiter
• Imaginez un tout et ses morceaux: si vous êtes un morceau du tout, vous faites partie de l’ensemble.
• Pensez à la préposition: faire partie de se lit d’un bloc. Si « de » suit naturellement, c’est partie avec e.
• Raccourci efficace: le e de partie comme le e de « ensemble ». Vous appartenez à un ensemble? Ajoutez le e.
Pour les curieux, un détour par l’histoire aide à fixer la règle. Le verbe « partir » a longtemps signifié « partager ». On en garde une trace dans « avoir maille à partir », c’est-à-dire avoir un différend: « maille » désignait une petite monnaie et « partir » signifiait « partager ». De là viennent la partie (le morceau, le camp, la personne en droit) et le parti (le choix, le groupement). Cette parenté explique la proximité sonore mais non l’orthographe.
En résumé, faire partie s’emploie pour l’appartenance (« Elle fait partie du jury »), tandis que parti se réserve aux idées de choix ou d’avantage (prendre parti, tirer parti). Le doute se dissipe en allongeant l’expression: « faire partie de » d’un côté, « prendre le parti de » ou « tirer le meilleur parti » de l’autre. Avec ces repères, ce petit « e » cessera de vous jouer des tours et votre écriture gagnera en netteté.
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