@flebras56 @JDaniel_M C'est un beau travail, dommage que ce soit fait sur quelque chose qui en plus d'être non fondé :(

Il y a 8 heures De Stéphane Côté's Twitter via Twitter for Android

La guerre des présentations… Ou les “oraux” améliorés…

 

Réflexions…

Parfois on demande à nos élèves de réaliser des recherches. Si on vise une amélioration de l’écriture, on demande alors une production écrite, si c’est l’oral qu’on tentera de viser, alors c’est, on aura droit à un beau récital… Dans un cas comme dans l’autre, les élèves seront alors tentés de copier des informations trouvées sur le Web, et pour les plus futés, ils arriveront à réécrire ce qu’ils ont trouvé afin qu’on ne puisse pas découvrir leurs sources… Toutefois, ces méthodes deviennent vite frustrantes pour l’enseignant qui tentait de leur faire faire des productions de manière plus stimulante qu’en répondant à des questions sur une feuille…

 

Puis je me suis dit que ce que je devrais peut-être me creuser les neurones afin de trouver une solution plus stimulante et réelle que de simplement proposer un défilement d’équipe devant la classe qui, à la sueur de leurs fronts, tenterait de réciter un texte appris par coeur trouvé sur l’Internet…Deuxième objectif, avoir une auditoire un peu plus portés sur l’écoute que simplement leur exiger une attention polie face aux équipes qui présentent devant… Ici et là, butinant d’un vidéo inspirant en pédagogie à l’autre, ceux de Suggata Matra me parlèrent plus particulièrement. Selon lui, les compétences requises pour la présente ère de l’information que l’on vit où la connaissance est au bout des doigts est de savoir rapidement trouver et valider l’information reçue… Intéressant!

Seconde réflexion…

J’ai aussi réalisé que les élèves sont souvent passifs lorsqu’ils trouvent une information, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas portés à aller la valider, la comparer avec d’autres sources… Et dieu sait que c’est primordial de nos jours, afin de ne pas participer à l’aliénation généralisée des gens qui “retwitent”, “foward”, “partagent” des informations qu’ils lisent, simplement parce que quelqu’un, quelque part, a dit qu’un tel est … De plus, d’envoyer le message qu’ils peuvent se fier, les yeux fermés, aux informations trouvées sur les sites des médias connus (Radio-Canada…) est aussi faux… Pour qu’une information soit jugée pertinente, il faut qu’on puisse la retrouver sur différentes sources, et j’ajouterais qu’en 2012, en des langues différentes…

Dans le pratico-pratique de la classe :
Bon, c’est bien beau tout ça, toutefois si c’est juste moi le prof qui fait l’exercice de vérifier les sources des élèves lors d’une production écrite d’une recherche ou d’un “oral”, on perd ici beaucoup du potentiel de la richesse d’une telle opportunité… Ce qui m’a amené, il y a 2 semaines, à essayer une première tentative d’arrimer tous ces éléments ensemble… J’explique…
Les élèves devaient produire une présentation orale bien “bébête” sur un élément spécifique traitant de la Seconde Guerre mondiale (thème trop sommairement traité en Univers social, du mois, à mon goût). Ils pouvaient utiliser PowerPoint ou Prezi comme support, et devaient inclure une erreur dans les informations qu’ils présenteraient. Lors de la présentation, 2 autres équipes écoutaient, portables à la main, afin de valider, en temps réel, les informations dictées par les présentateurs… Puis, une fois l’exposé terminé, les présentateurs pouvaient poser un petit jeu-questionnaire à la classe afin de vérifier l’écoute des élèves… Pendant ce temps, les vérificateurs poursuivaient l’investigation des propos tenus et avaient jusqu’à 3 minutes après la présentation (le temps que la prochaine équipe s’organise à l’avant de la classe) pour trouver l’erreur induite dans la présentation.

Cette simple situation a fait augmenté le niveau de la validation des sources par les équipes qui présentaient (car il ne voulaient que les chercheurs aux ordis découvrent qu’ils avaient mal fait leurs travaux) et ceux qui avaient les mains sur les touches se retrouvaient aussi très stimulés à mettre à l’épreuve leurs méthodes de recherches internet efficaces…

 

Bilan sommaire :

1- Une seule équipe de chercheur (pendant qu’une équipe présentait, 2 autres cherchaient aux ordinateurs) a trouvé une seule erreur. Le 3 minutes suivant la présentation n’étaient pas assez pour pouvoir valider les informations recueillies. Comme toute première, les succès sont plutôt rare. Répéter l’exercice remplacera l’effet de surprise, par le gain de la compétence dans les recherches. Bien que les élèves ont trouvé ça stressant (ceux qui passaient), les autres appréciaient plutôt l’exercice.

2- Les élèves qui ont présenté s’en sont plus tenus à apprendre des textes pris directement sur le Web. Donc de ce côté, il n’y a pas eu d’évolution malheureusement, du moins pas pour l’instant. Toutefois, ils avaient sur-vérifiés les sources, alors en ce sens, c’était un beau progrès.

3- Je crois qu’il faut sortir des “présentations plates” pour profiter de ces occasions pour permettre plus d’apprentissages face aux exigences de notre temps. Anciennement, apprendre à parler devant un public semblait être important, aujourd’hui, je crois que l’interaction, la validation des informations l’est plus que de simplement prendre pour acquis que ceux qui parlent devant la classe possèdent la vérité…

 

Bref, ce sont humblement mes réflexions du moment sur la chose. Au plaisir de lire vos commentaires!

 

5 Responses to La guerre des présentations… Ou les “oraux” améliorés…

  • lionel
    octobre 1, 2014

    Excellent idée ! je vais mettre ça en pratique dès demain et je ferai mon rapport 🙂

  • Schild
    octobre 1, 2014

    Bonjour,
    Une très bonne idée que je réutiliserai certainement.
    En ce qui me concerne, pour éviter les présentation “plates” en exposés, je demande presque toujours aux élèves d’imaginer un dispositif de type fictionnel, théâtralisé, ou filmé, pour présenter le travail demandé. Le résultat est toujours très réussi et surtout très intéressant, pour moi, mais aussi pour leurs camarades. Ils sont obligés d’imaginer un contexte donnant du sens ou justifiant les informations données.

  • Marion
    octobre 3, 2014

    Bonjour,
    J’aime beaucoup l’idée d’imaginer un “dispositif de type fictionnel”, même si cela me paraît un peu difficile à mettre en place.
    Quant à l’idée de “chercher l’erreur”, j’aime bien, il faut que je regarde ça de plus près…

  • Audrey
    novembre 1, 2014

    Bonjour,
    Très bonnes idées (chercher l’erreur mais aussi le questionnaire pour vérifier que les camarades suivent)
    Je les soumettrai à mes collègues (je suis documentaliste) :).

  • hanane EPS
    février 4, 2015

    je pense que ça pourrait être pas mal de filer un thème d’erreur (tiré au sort) aux divers groupes… à mon avis ça ne m’étonnerai pas que les gamins soient paralysés pour tenter de glisser (en vain) une erreur dans l’exposé. aussi, je pense, que ça aidera à cadrer un peu plus les champs/thèmes d’erreur et les domaines de connaissances visées par l’enseignant !
    autre piste de stimulation : l’emploi de “stratégies” pour faire passer l’erreur incognito par les orateurs… et l’intérêt de l’auditoire à démasquer l’imposture (après déduction des thèmes d’erreur des groupes précédents).

    bon courage

Leave a Reply




Post Comment

 
 
Le contenu du site reflète les opinions de Stéphane Côté. Tous droits réservés.